Das kulturelle Leitprojekt des Initiativkreis Ruhr
Hauptsponsor: RWE AG

Das Festival Über uns l'idée du Festival l'idée du Festival de Piano de la Ruhr (Version longue)

Donner des ailes à la Ruhr – l'idée du Festival de Piano de la Ruhr (Version longue)

Lorsque les fondateurs Alfred Herrhausen, Rudolf von Bennigsen-Foerder et le Cardinal Franz Hengsbach (l’« évêque de la Ruhr ») créèrent le Cercle des Initiatives pour la Région de la Ruhr en juillet 1988, leur but était de redonner à cette région, marquée par la transformation à long terme de ses structures économiques essentielles, des impulsions rénovatrices et orientées vers le futur à travers d’une série d’initiatives spécifiques conçues pour faire surgir une nouvelle conscience régionale ainsi que pour offrir de nouvelles possibilités d’identification culturelle aux habitants du « Revier » post-industriel. Il s’est alors avéré que l’Été du Piano à Bochum, fondé en 1984 par le fabricant de pianos Jan Thürmer, avait justement besoin à ce moment-là d’un soutien énergique de la part du Cercle d’Initiatives, étant donné que la renommée de cet évènement, qui se t1ransformerait bientôt en le Festival de Piano de la Ruhr, commençait à s’étendre au-delà des frontières régionales. Lorsqu’ en automne 1995 M. Peter Keitel suggéra aux modérateurs du Cercle, Friedhelm Gieske et Hilmar Kopper et leur sucesseur Ulrich Hartmann, de m’inviter à assumer la direction artistique du Festival, ce fut une bonne occasion pour mettre en œuvre des séries thématiques conçues pour engendrer des initiatives nouvelles et conséquentes, faisant en sorte que cette idée d’un festival de piano, déjà reçue avec enthousiasme dès ses débuts, pourrait se renouveler perpétuellement par elle-même. Devenu entre-temps le plus grand évènement pianistique du monde, son choix de répertoire et d’interprètes suit aujourd’hui cette philosophie de séries thématiques qui s’étendent, en partie, sur plusieurs années, et qui cherchent à faire parvenir l’expérience de tout l’univers de la musique écrite pour piano, dans sa plus grande variété, au public le plus large que l’on puisse atteindre.

En premier lieu, les fondateurs du Cercle d’Initiatives Ruhr ont voulu suivre la devise « Think Big », en convainquant les plus grands pianistes de notre temps que le niveau déjà atteint par le Festival de Piano de la Ruhr justifiait leur participation, même de façon régulière. Ainsi, au fil des années, Pierre-Laurent Aimard se produisit chez nous vingt-trois fois, Martha Argerich dix-neuf fois, Daniel Barenboim à vingt-six différentes occasions, Rudolf Buchbinder dix-sept fois et Chick Corea quinze fois... On pourrait ainsi poursuivre alphabétiquement cette liste des « grands » du piano.

Mais même ces « grands maîtres », recherchés dans le monde entier et comparaissant chez nous dans une proportion importante, ne devaient pas représenter le seul aspect de notre profil artistique. Comme directeur du Festival, je poursuis le but, non moins grand, de soutenir la jeunesse à travers une large gamme d’initiatives artistiques. Après plusieurs années de mise en œuvre, les activités pédagogiques du Festival comprennent maintenant un total de onze modules, dont six représentent des opportunités offertes aux jeunes pianistes, et quatre s’orientent vers un jeune public potentiel.

Nous invitons ainsi une vingtaine de jeunes pianistes par an (par exemple, les lauréats d’importants concours internationaux) pour qu’ils viennent faire leurs débuts au Festival. Environ un tiers de nos concerts annuels constituent de tels débuts. Après leurs premières réussites, certains de ces débutants reviennent jouer au Festival au cours des années suivantes, démontrant ainsi à quel point cette initiative est efficace et capable de produire des effets durables. En outre, nombre de ces prestations sont préservées pour être publiées dans le cadre de notre série de CD’s intitulée « Edition Klavier-Festival Ruhr », donnant ainsi une impulsion efficace et importante au début de la carrière mondiale de ces jeunes artistes.

Nous avons également à cœur de soutenir de jeunes pianistes lors de l’adjudication du Prix du Festival de Piano, avec lequel nous rendons honneur à de grands artistes pour l’ensemble de leur œuvre pianistique. Ce prix est associé à une bourse annuelle attribuée à un jeune pianiste proposé par le lauréat. Jusqu’en 2010, cette bourse était décernée annuellement par le Cercle d’Initiatives ; depuis lors, la Fondation du Festival de Piano de la Ruhr en a pris la relève. Le lauréat du Prix du Festival choisit donc parmi les jeunes pianistes celui qui sera le bénéficiaire de cette bourse pendant l’année qui suit, et à la fin de laquelle le boursier en question est invité à faire ses débuts au Festival de Piano. Ainsi, les lauréats Bella Davidovich (1998), Daniel Barenboim (1999), Dmitri Bashkirov (2000), Graham Johnson (2001), Leon Fleisher (2002), Pierre-Laurent Aimard (2003), Alfred Brendel (2004), Pierre Boulez (2005, année où nous avons exceptionnellement choisi d’honorer un compositeur lors de son 80e anniversaire pour l’ensemble de son œuvre pianistique), Chick Corea (2006), Martha Argerich (2007), Maurizio Pollini (2008) et András Schiff (2009), Grigory Sokolov (2010), Elisabeth Leonskaja (2011), Radu Lupu (2012), Marc-André Hamelin (2013), Krystian Zimerman (2014) et Hélène Grimaud (2015) ont choisi les jeunes pianistes Peter Josza, Salem Abboud-Ashkar, Denis Lossev, Joseph Breinl, Nicolas Angelich, Tamara Stefanovich, Tim Horton, David Fray, Gwilym Simcock, Mauricio Vallina, Juho Pohjonen, Alexander Mogilevsky, Juan Pérez Floristán, Martín García, Charlie Albright et Aidan Mikdad comme boursiers. En 2016, le Prix du Festival de Piano de la Ruhr a été décerné à Arcadi Volodos. Lorsqu’Arcadi Volodos a commencé à conquérir les salles de concert dans le monde entier au milieu des années ‘90 avec son jeu à couper le souffle et ses propres arrangements, beaucoup l’ont salué comme successeur légitime de Vladimir Horowitz. Mais sa virtuosité, apparemment sans bornes, n’est pas pour lui un but en soi. Car il y associe en même temps une extrême sensibilité du temps musical, de la sonorité et de la poésie, comme par exemple dans ses interprétations de Brahms et de Schubert. Volodos collabore avec le Festival depuis de nombreuses années ; ainsi, cette année, il s’y est produit pour la 16ème fois depuis 1998 : une belle occasion pour l’honorer avec le Prix du Festival de Piano de la Ruhr 2016. En outre, David et Aurelia Furtwängler ont décerné en 2013 le Prix de Soutien « Alfred Brendel », à la pianiste ukrainienne Milana Chernyavska.

Nous aidons notre public à être les témoins privilégiés de la relation entre professeurs et élèves, en présentant les grandes écoles de piano de notre temps. En 1998, nous avons dédié le premier de ces douze portraits au grand maître Dmitri Bashkirov, qui forma, avec grand succès, plusieurs générations de jeunes pianistes à Moscou, puis en Espagne. Nous avons renouvelé cette invitation pour l'année 2006 : ainsi, à l'occasion de son 75eme anniversaire, il se produisit en compagnie de plusieurs de ses nouveaux élèves appartenant à la jeune génération. En 1999, cette école russe a été suivie par l’école américaine du très renommé Leon Fleisher. En 2000, notre série thématique a présenté l’Accademia Pianistica di Imola – relativement jeune, mais qui avait déjà obtenu des succès spectaculaires. La même rubrique fut dédiée en 2001 à trois générations de l’école française en présentant Yvonne Loriod, Dominique Merlet et Pierre-Laurent Aimard. En 2002 nous avons invité le légendaire Gary Graffman avec ses étudiants du Curtis Institute pour qu’ils se produisent au Festival. Puis, en 2003, nous avons proposé un portrait de l’Alexander Toradze Piano Studio de l’université d’Indiana. En 2004, c’était le tour de l’Autriche, et notre intérêt s’est donc porté vers les écoles de piano viennoises sous la houlette d’Oleg Maisenberg, de Stephan Vladar et de Paul Gulda. En 2005 nous avons invité de nouveau l’un des professeurs américains les plus admirés : le remarquable Claude Frank, qui est venu de Philadelphie pour se produire au Festival en compagnie de deux de ses anciens élèves. En 2007 nous avons présenté des élèves avancés du grand accompagnateur vocal Irwin Gage. En 2008, dans cette même série, nous avons fait le portrait d’une autre école russe, celle d’Alexei Lubimov, qui présenta deux de ses élèves les plus brillants. En 2009 nous avons dédié la même série à Alfred Brendel, en présentant quatre jeunes pianistes particulièrement appréciés par lui et qui ont subi son influence. Et en 2011 nous avons célébré le 80ème anniversaire de Brendel en invitant les pianistes Till Fellner, Francesco Piemontesi et Kit Armstrong à jouer un « Hommage à Alfred Brendel ». En 2013 nous avons choisi la devise « Alfred Brendel, le mentor », et nous présenterons ainsi plusieurs pianistes que le grand maître a vivement soutenu : Herbert Schuch, Milana Chernyavska, Kit Armstrong, Anna Vinnitskaya et Paul Lewis. En 2015 nous avons présenté trois jeunes artistes selectionnés et soutenus par András Schiff : il s’agit des pianistes Kuok-Wai Lio, Adam Golka et Roman Rabinovich.

Nous invitons les meilleurs étudiants des conservatoires allemands et internationaux à participer aux Master-classes internationales du Festival de Piano de la Ruhr. Ici, encore une fois, nous sommes redevables à de grandes personnalités pédagogiques, tels Dmitri Bashkirov (1996, 2001), Adam Harasiewicz (1996), Irwin Gage (1997, 2007), Oleg Maisenberg (1998, 1999), James Tocco (2000), Russell Sherman (2002), Julian Joseph (2003) et Alexander Lonquich (2004), pour nous avoir ouvert d’importantes perspectives musicales lors de ces rencontres. En 2005 nous avons demandé à Herbert Henck de transmettre aux élèves son immense savoir dans le domaine de la musique pianistique contemporaine. En 2006, lors du 250e anniversaire de Mozart, nous avons pu engager l’expert mozartien Robert Levin pour donner une master-class sur le thème « L’entendement musical – la dramaturgie musicale ». En 2007, ce fut Irwin Gage qui donna de nouveau un cours dans l’art de l’accompagnement vocal. En 2008, Alexeï Lubimov donna une master-classe à quatre étudiants provenant tant de l’Est que de l’Ouest sur des œuvres du classicisme viennois et de la musique du XXe siècle. En 2009 nous avons eu l’honneur d’avoir comme enseignant maître Alfred Brendel, qui choisit certains thèmes pour en donner une master-classe, pendant laquelle il se mit nouveau au piano pour notre public ! Finalement, en 2012, Sir Alfred a donné pour la première fois au Festival de Piano de la Ruhr une masterclasse professionnelle avec les jeunes lauréats du Concours Busoni 2011 comme élèves participants. Finalemet, en 2014, Pierre-Laurent Aimard a donné une masterclasse, dédiée à l’œuvre pianistique de György Ligeti. En 2016, Dmitri Bashkirov est revenu au Festival, où il a présenté certains de ses meilleurs élèves dans le cadre d’une masterclasse dédiée à l’œuvre pianistique de Johannes Brahms.

Il est également important pour nous de pouvoir créer des occasions de rencontre entre le public et les étudiants des conservatoires de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (NRW) – par exemple, chaque année lors de la Nuit de la Culture Industrielle (Nacht der Industriekultur), où le public peut entendre les étudiants des conservatoires supérieurs de Düsseldorf, d’Essen et de Cologne. En 2016, pour la troisième fois, nous invitons également des jeunes trios de jazz.

De même, naturellement, nous portons notre regard sur le public du futur en offrant des concerts pour les familles. En 2001, ce fut Peter Ustinov qui offrit sa version toute personnelle du « Carnaval des Animaux ». Dans les années qui suivirent, ces concerts sont devenus de vraies fêtes pour les enfants et également pour les adultes qui les accompagnent, grâce, entre autres, au talent du comédien Konrad Beikircher. En 2004, notre année autrichienne, Beikircher nous donna une idée de l’humanisme profond de Joseph Haydn ; puis, avec l’aide de jeunes pianistes du Land NRW en 2005, il montra avec un clin d’œil jovial à quel point le piano jouait le rôle d’instrument principal dans la pratique de la musique domestique du XIXe siècle. Pour notre festival 2006 nous avons commandé à Franz-David Baumann et à l’Ensemble Panama une nouvelle composition pour enfants de 5 à 10 ans : « Tausend Stiefel » (Mille Bottes), basée sur un texte de Max Kruse. Nos deux concerts pour les familles en 2007 portaient le titre « Dans la jungle avec Katia et Marielle Labèque » : des élèves de l’École de Musique Folkwang se réunirent avec ce célèbre duo de pianistes dans la salle Weststadt de la ville d’Essen pour l’interprétation du « Carnaval des Animaux » de Saint-Saëns, le tout dans un décor de couleurs somptueuses élaboré par les élèves des écoles primaires de la même ville. Ainsi, depuis 2006 nos concerts pour les familles ne sont pas « seulement » des concerts pour enfants, mais des concerts où les enfants participent activement. Ce « projet de la jungle » faisait également partie de notre programme pédagogique fondé en 2006 par le Cercle d’Initiatives pour la Région de la Ruhr, et qui, pour la première fois, produisit ses fruits les plus visibles pour un large public lors de cinq concerts dans le cadre du Festival en 2007. Plus de deux cents enfants, adolescents et jeunes adultes furent encouragés à y participer de façon active et créative, et les résultats de leur activité artistique furent appréciés par plus de deux mille spectateurs dans les villes de Dortmund, Düsseldorf, Duisburg et Essen. En 2009 nous poursuivions ce programme pédagogique avec deux nouveaux projets : « Machines musicales – art mécanique » et « Oiseaux exotiques ». Un cinquième projet était dédié à l’anthologie Játékok de György Kurtág. Ces pièces pour enfants ont servi de point de départ pour permettre aux jeunes pianistes de découvrir la musique contemporaine pour leur instrument, et même de composer leurs propres premiers petits morceaux. En 2010 nous avons poursuivi le même but d’ancrer la musique contemporaine dans la pédagogie pianistique et de combattre la peur que l’on peut avoir des œuvres nouvelles. Pour le projet « Piano Book », le Festival a commandé auprès de compositeurs européens (York Höller, Marco Stroppa, George Benjamin, Olav Lervik, Luke Bedford, Vassos Nicolaou) une série d’œuvres pour deux et quatre mains, spécifiquement conçues pour introduire les élèves de piano à la musique contemporaine écrite pour leur instrument. Avec de jeunes élèves, Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich ont travaillé ces nouvelles œuvres ; ensemble, ils les ont jouées en public lors d’un récital du Festival. La partition est parue chez Bärenreiter avec le titre « Klavier-Festival Ruhr – Bärenreiter Piano Album », et vous pouvez également entendre ces morceaux sur un CD inclus dans le Vol. 26 de notre série « Édition Klavier-Festival Ruhr ». En outre, en 2010 le Festival de Piano a dédié d’autres ateliers, concerts en famille et projets de découverte aux sujets suivants : « Musique et Peinture », « Son – Image – Sculpture » et « Polyphonie ». En collaboration avec le Musée Folkwang, nous avons mis en lumière les relations étroites entre des peintures de Kandinsky et d’autres de ses contemporains avec la musique de Schönberg, à travers une conférence, des visites guidées de musées et un concert. Dans un autre projet, l’orchestre symphonique de Bochum a fait découvrir aux familles les « Tableaux d’une Exposition » de Mussorgski dans un concert modéré par le célèbre pédagogue Richard McNicol, tandis que le foyer de la Philharmonie d’Essen s’est transformé en une gigantesque salle d’expositions afin de présenter les propositions créatives qui provenaient des différents ateliers. Puis, nous avons organisé un après-midi pour les familles au Musée Lehmbruck de Duisburg dédié au dialogue fascinant entre la musique et les arts visuels : les enfants et leurs parents pouvaient y explorer eux-mêmes l’alternance et les correspondances entre l’ouïe et la vue, entre les sons, les tableaux et les sculptures. L’élargissement de notre offre pédagogique nous a bientôt conduit à concevoir des projets pour toute l’année scolaire. En 2012, comme tous les ans, encore une fois, elles ont culminé dans les présentations publiques des « Projets de Découverte ». Les enfants et les jeunes ont été éveillés à la musique de John Cage dans le projet « Interludes » ; un autre projet proposait une approche des « Notations » de Pierre Boulez à travers le chant, la danse et la pantomime. Dans un concert pour les familles sur le sujet du rêve et de l’espace (« Musik und tRaum »), l’éducateur Richard McNicol a fait une présentation de la suite « Three Places in New England » du compositeur américain Charles Ives avec l’Orchestre Symphonique de Bochum. Le grand succès du projet modèle Little Piano School & KlavierGarten s'est prolongé en 2013 avec un nouveau projet financé par la Fondation Mercator : AufTakt, une idée qui reprend la pédagogie musicale pour les bambins du « KlavierGarten » afin de l’incorporer dans les écoles élémentaires. Nos activités pédagogiques ont lieu au sein les écoles tout au long de l’année scolaire, et culminant chaque année dans la présentation des Projets de Découverte dans le cadre du Festival. Par exemple, en 2013 les enfants et les adolescents ont participé à des ateliers créatifs autour du thème « Les Noces » : rituels de mariage, projet d’envergure qui leur propose une approche inusuelle de cette œuvre scénique d’Igor Stravinsky. En coopération avec la coopérative d’assainissement des eaux Emschergenossenschaft, nous avons organisé en 2013 une série de concerts en famille, animés par le pédagogue Richard McNicol et avec la participation de l’Orchestre Symphonique de Bochum, du pianiste James Maddox et de l’ensemble de musique de chambre BOSYBRASS. Basés sur le livre culte pour enfants « Max et les maximonstres » de Maurice Sendak, ces concerts ont évoqué le thème « Nature, Espaces et Rêves ». En 2014, le Festival a regroupé la plupart de ses activités pédagogiques pour tous les âges (écoliers, étudiants et adultes) sous un même thème: « Une année avec Ligeti », projet interdisciplinaire conçu en étroite collaboration avec le pianiste français Pierre-Laurent Aimard, connu pour ses interprétations congéniales de Ligeti. La musique fascinante de ce compositeur a donc servi comme point focal dans les Projets de Découverte ainsi que dans la série KlavierModern : Musique contemporaine pour piano. Nous avons continué à intégrer la plus grande variété d’âges et de niveaux dans ce grand projet tout au long de l'année 2014. En 2015, nous avons prolongé cette idée dans notre programme pédagogique en choisissant de passer « Une année avec Béla Bartók », année pendant laquelle nos écoliers ont appris à connaître l’oeuvre pour piano du compositeur hongrois depuis plusieurs angles et approches. En 2016, nous avons répété cette excellente expérience.

Pour les plus jeunes enfants, un piano peut être non seulement un jouet attirant, mais également le moyen idéal de les amener à découvrir l’univers fascinant de la musique : c’est ce que prouvent de façon éblouissante nos expériences au sein de nos projets Spielplatz Klavier – une « cour de récréation musicale » pour les plus petits enfants – avec les projets Little Piano School et KlavierGarten. En 2006, le Festival de Piano a implanté pour la première fois dans la région de la Ruhr la méthode de la pédagogue italienne Kim Monika Wright. En peu de temps, grâce à la coopération avec l’Université des Arts Folkwang et avec l’École de Musique Folkwang de la ville d’Essen, ce projet est devenu un parangon dans le domaine de la pédagogie de la première enfance et a fête en 2016 son 10ème anniversaire. Des enfants âgés de 2 à 6 ans sont introduits de manière ludique, en petits groupes, à la musique et au jeu du piano. Animés par des étudiantes avancées et par des pédagogues diplômées du Conservatoire Folkwang, ces bambins découvrent à travers le piano non seulement un instrument de musique qui les fascine, mais développent en même temps toute une série de capacités sociales et personnelles qui leur serviront au cours de leur vie. Les unités ont été conçues pour répondre spécifiquement à leurs intérêts et à leurs besoins.

Après un premier atelier qui s’est déroulé à l’Université des Arts Folkwang pendant le Festival de Piano en 2006, les premiers deux groupes participant à la Little Piano School ont démarré en octobre de cette même année. Jusqu’en automne 2008, onze groupes supplémentaires s’étaient déjà formés. De jeunes animatrices assistent régulièrement à des stages de perfectionnement avec Kim Monika Wright ; en outre, une équipe d’experts les conseille et les accompagne sur place. Grâce à son grand succès, le projet Little Piano Schools’est considérablement élargi en 2009 et en 2010. En collaboration avec l’Église Protestante de Westphalie, le Festival de Piano de la Ruhr a pu étendre ce projet modèle aux crèches et aux garderies, en proposant des séances de la Little Piano School dans des écoles maternelles des villes de Bottrop, de Dorsten et de Gladbeck. Entre-temps nous offrons des séances KlavierGarten dans 15 crêches et garderies dans les villes de Gladbeck, Bottrop, Dorsten et Marl. Cette méthode d’éducation musicale des plus petits est mise en œuvre par un total de qunze enseignants en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. En février 2013, la quatrième génération d’enseignants est déjà entrée en formation pour devenir animateurs de la Little Piano School. L’Association des Amis et Promoteurs du Festival de Piano soutient ce projet en assurant l’achat des pianos nécessaires.

Depuis 2006, de nombreux pianistes célèbres, amis du Festival, collaborent personnellement dans la série « Rencontres / Encounters ». En 2009, des jeunes élèves de piano de la région de la Ruhr eurent de nouveau l’occasion de rencontrer Yaara Tal et Andreas Groethuysen, Emanuel Ax, Gabriela Montero et les sœurs Katia et Marielle Labèque. Ces séances ont été filmées par le réalisateur renommé Enrique Sánchez-Lansch. Son documentaire « Piano Encounters – Rencontres autour du piano » a eu sa première mondiale au cinéma Lichtburg à la ville d’Essen le 8 mai 2010. Puis, en novembre 2010, ce film a reçu un prix au Festival International du Cinéma « Seminci » à Valladolid. La série « Encounters – Rencontres » a été prolongée en 2010 : Tamara Stefanovich et Francesco Tristano, pianistes du Festival, ont visité plusieurs écoles de la région de la Ruhr, faisant de la musique ensemble avec les élèves avant de leur offrir un récital. Nous continuerons à proposer ce genre de concerts-activités aux écoles locales dans le futur.

Avec ses Projets de Découverte, le Festival de Piano de la Ruhr cherche à rassembler des enfants et des jeunes de diverses provenances et de différents niveaux d’éducation, et de les inspirer à adopter une approche de la musique par le développement de leur propre créativité. Dirigés par l’équipe pédagogique du Festival de Piano en collaboration avec des artistes célèbres et des pédagogues qualifiés, ces projets se déroulent sur plusieurs mois. La mise en relation avec la musique, ainsi qu’avec les autres arts, permet aux enfants et aux adolescents de développer leur talent créatif et esthétique inné. En découvrant ensemble différents modes d’expression artistique, les participants entrevoient des horizons qui leur étaient jusqu’à alors inconnus. Non seulement ces projets encouragent la capacité d’écouter une œuvre de manière active, mais ils favorisent en même temps les compétences sociales, émotionnelles et cognitives des jeunes. Chaque « Projet de Découverte » aboutit dans une prestation publique dans le cadre du Festival, où les participants montrent aux assistants le résultat de leur travail.

Pour la réalisation de ces projets, les enseignants d’école jouent un rôle essentiel en tant que collaborateurs actifs. Ainsi, le département pédagogique du Festival leur propose, dans le cadre des « Projets de Découverte », des ateliers réguliers dans lesquels des experts du domaine de la divulgation esthétique introduisent les enseignants à un projet spécifique, tout en leur proposant de nombreuses idées pour élaborer des cours de musique et d’art encore plus variés et stimulants. Depuis l’année 2009, le Festival élabore et met à la disposition des enseignants sur son site Internet un large éventail de ressources pédagogiques que nous continuons à élargir chaque année.

Les opportunités qu’offre la dense infrastructure musicale de la Rhénanie du Nord Westphalie (NRW) sont mises en évidence lors de nos concerts avec orchestre, au cours desquels nous avons présenté, ces dernières années, des concertos post-romantiques pour piano écrits au XXe siècle, œuvres que l’on a presque jamais l’occasion d’entendre ailleurs : en 1998, le concerto pour piano de Max Reger avec l’Orchestre Philharmonique de Dortmund, en 1999 le concerto pour piano de Hans Pfitzner avec l’Orchestre Symphonique de Bochum, et en 2000 le concerto de Ferruccio Busoni pour piano et orchestre et chœur d’hommes, donné par l’Orchestre Philharmonique de la ville d’Essen. Ce même orchestre est revenu en 2004 pour accompagner le concerto pour piano de Wilhelm Furtwängler, et cette même année on a pu entendre l’exécution du concerto pour la main gauche d’Erich Korngold avec l’Orchestre Symphonique de Bochum. Le premier Festival de Piano du nouveau millénaire, en 2001, fit entendre le concerto pour deux pianos et orchestre intitulé Widerspiel, du compositeur York Höller (Cologne), suivi cette même année par la célébration du 75e anniversaire de Hans Werner Henze avec son 1er concerto pour piano et ses Tristan Préludes pour piano, bandes magnétiques et orchestre, avec les Duisburger Philharmoniker. Nous devons une exécution mémorable du Ballet mécanique de George Antheil à l’ensemble de musique contemporaine « musikfabrik nrw » en l’an 2002. En 2005 nous avons présenté à nouveau, deux concertos peu connus du XXe siècle avec le concours de l’Orchestre Symphonique du WDR (Cologne) : le concerto pour deux pianos Quotation of Dream de Toru Takemitsu, et les Variations sur un thème de Paganini de Witold Lutoslawski dans la transcription pour deux pianos et orchestre. Cette même année, on a pu entendre le concerto pour la main gauche de Paul Hindemith, très tardivement redécouvert et donné à notre Festival dans sa première audition ouest-allemande. En 2008, l’orchestre radio-symphonique de la WDR (Cologne) joua sous la direction du compositeur Tan Dun la première européenne de son nouveau concerto pour piano avec le soliste Lang Lang, et son concerto pour zheng et orchestre à cordes avec la soliste Yuan Li, retransmis en différé par la chaine de télévision « 3sat ». Ce même orchestre a accompagné le pianiste Herbert Schuch dans le concerto pour piano en La mineur d’Edvard Grieg en 2009, ainsi que le pianiste Bertrand Chamayou dans la « Burlesque » de Richard Strauss en 2010. En 2011, l’orchestre symphonique de la WDR a accompagné Michael Korstick lors de sa prestation des deux concertos pour piano de Brahms dans une seule et même soirée. Pour la soirée d’ouverture du Festival en 2012, le pianiste Jean-Yves Thibaudet était accompagné par l’Orchestre Symphonique de Bochum ; puis, nous avons entendu Wayne Marshall avec l’Orchestre de la Radio de Cologne WDR, et enfin Yefim Bronfman sous la baguette de Jukka-Pekka Saraste avec l’Orchestre Symphonique de cette même institution. Cette dernière a également accompagné Igor Levit dans le Concerto No. 1 pour piano et orchestre en si bémol mineur de Peter Tchaïkovski, pour le concert d’ouverture du Festival en 2013. Avec le même orchestre sous la direction d'Andris Nelsons, Marc-André Hamelin a interprété la « Burleske » de Richard Strauss en 2014. L’orchestre symphonique du WDR est revenue dans l'édition 2015 pour accompagner Igor Levit lors du concert de clôture du Festival dans le Concerto pour piano et orchestre en La mineur, op.16 d’Edvard Grieg. En 2016 nous avons pu entendre Gerhard Oppitz dans le concerto pour piano et orchestre en fa mineur de Max Reger, ainsi que Gabriela Montero dans un concerto de sa propre plume intitulé « Latino », et Yefim Bronfman dans les Concertos Nos. 3 et 4 de Ludwig van Beethoven.

En outre, nous avons pu organiser des programmes de concert inhabituels avec le Big Band du WDR : une soirée Gershwin en 2002 et un projet Erik Satie tout à fait exceptionnel en 2003. Le Big Band de la WDR est revenu en 2006 au Festival avec Joe Zawinul, et en 2008 nous l’avons entendu sous la direction de Frank Chastenier, qui nous présenta son « Projet Mompou », idée neuve et originale. Ce même big band fit les délices du public avec le pianiste Simon Nabatov et le corniste Arkady Shilkloper en 2010, ainsi qu’avec le pianiste Raphael Gualazzi en 2012, ainsi qu'avec Gerald et John Clayton en 2013. En 2014 nous avons pu entendre ce big band pour la première fois en compagnie du pianiste Jacky Terrasson, et ils sont revenus en 2015 dans leur toute première collaboration avec Michel Camilo. Maintenant, en 2016, ils seront deux fois nos invités : non seulement avec Danilo Pérez, mais également dans le cadre de la Conférence Nationale des Juristes Allemands avec une prestation du WDR Big Band en collaboration avec Hilario Durán. Le concert inaugural du Festival 2007 a été assuré par l’Orchestre Philharmonique de Duisburg et leur chef Jonathan Darlington, offrant une soirée autour de Beethoven (avec la Fantaisie Chorale et le Triple Concerto, entre autres). Plus tard dans la même saison, ce fut le tour de l’Orchestre Symphonique de Bochum d’accompagner le pianiste Marc-André Hamelin dans le 5e concerto pour piano de Camille Saint-Saëns et dans la Danse macabre de Franz Liszt. En 2009, pour fêter l’année Mendelssohn, cet orchestre accompagna Ya-Fei Chuang et Robert Levin dans une série de compositions pour piano(s) et orchestre de Mendelssohn qui sont rarement jouées ailleurs. Les Bochumer Symphoniker nous avaient déjà également soutenus dans notre projet pédagogique sur les chants des oiseaux avec une prestation des Oiseaux exotiques d’Oliver Messiaen. Puis, en 2009, ils participèrent au projet de découverte intitulé « Jeux d’Eau ». En 2012, sous la direction de Steven Sloane, ils ont accompagné le pianiste Jean-Yves Thibaudet lors du concert d’ouverture du Festival ; puis en 2013 nous les avons entendus les Bochumer Symphoniker avec Leon Fleisher, Alon Goldstein et Katherine Jacobsen-Fleisher dans des œuvres de Britten, Poulenc et Mozart. Ce même orchestre a collaboré avec le pianiste Markus Becker en 2014, ainsi qu'avec Joseph Moog en 2015. La Nouvelle Philharmonie de Westphalie a été invitée au Festival pour la première fois en 2009, accompagnant Lang Lang et Herbie Hancock lors de leur seul concert en Allemagne où ils jouèrent, entre autres, le concerto pour deux pianos de Ralph Vaughan Williams. L'édition 2014 du festival a été inaugurée par ce même orchestre ouvrira le festival avec les pianistes Leon Fleisher et Nicolas Angelich sous la direction de Dennis Russell Davies.

Naturellement, nous avons commémoré les anniversaires de la mort de Johannes Brahms et de celle de Frédéric Chopin, en faisant entendre les deux concertos pour piano écrits par chacun, soit deux concertos par soirée – avec la Nouvelle Philharmonie de Westphalie et avec l’Orchestre Symphonique de Bochum. Avec ce même orchestre, à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Sergueï Prokofiev en 2003, nous avons organisé une exécution intégrale de ses cinq concertos pour piano – puis, en 2005, la première audition en Allemagne occidentale de la Musique pour piano et orchestre de Paul Hindemith, une partition longtemps disparue et qui avait été composée à l’origine pour Paul Wittgenstein. De même, en 2005, nous avons invité l’Orchestre de Chambre de Bâle avec le pianiste Uri Caine, ainsi que l’Orchestre de Chambre de Stuttgart avec Dennis Russell Davies et Maki Namekawa, jouant les concertos pour piano de Philip Glass et d’Alfred Schnittke. Le grand Cycle Mozart, donné par le Kölner Kammerorchester depuis 2004 avec l’intégrale des 27 concertos pour piano, s’acheva en 2006 lors du 250e anniversaire du compositeur. En plus, Chick Corea et la Kammerphilharmonie de Bavière, ainsi que Thomas Larcher et l’Orchestre de Chambre de Munich jouèrent, lors de cette commémoration, chacun un concerto de Mozart dans la rubrique « Klavierkonzert-Extra » et aussi un concerto de leur propre plume. Puis, correspondant avec le point focal autour de Beethoven en 2007, l’Orchestre Philharmonique de Duisburg donna le Triple Concerto, et Daniel Barenboim se produisit en trois soirées comme soliste et chef d’orchestre à la tête de la Staatskapelle de Berlin avec l’intégrale des concertos pour piano du même compositeur. Grâce au soutien du consortium RWE et de la NATIONAL BANK de la ville d’Essen, ces concerts furent enregistrés et ensuite publiés sur DVD. Cette série de DVD’s avec Daniel Barenboim au Festival de Piano de la Ruhr continua à s’élargir en 2010 – l’année Chopin – avec l’enregistrement live des deux concertos de ce compositeur. Avec Andris Nelsons à la tête de la Staatskapelle de Berlin, Barenboim a accompli la tâche herculéenne de jouer les deux concertos de Chopin lors d’une même soirée. Cette série de DVD’s s’est prolongée en 2011, année Liszt, avec les deux concertos de Liszt joués par Barenboim, accompagné par la Staatskapelle sous la direction de Pierre Boulez. Cette prestation fut retransmise sur la chaîne ARTE pour fêter le 200ème anniversaire de Liszt.

Pour citer d’autres grands moments avec orchestre au Festival en 2010, nous rappelons le concert acclamé de Murray Perahia avec l’Academy of St. Martin in the Fields, ainsi que celui d’Igo Pogorelich avec la Philharmonie de Chambre de Sopot (Pologne). Ton Koopman et l’Orchestre Baroque d’Amsterdam ont transporté les auditeurs au dix-septième siècle avec leurs interprétations des concertos pour clavecin de Johann Sebastian Bach, tandis que Pierre-Laurent Aimard et le Chamber Orchestra of Europe ont interprété des concertos de Bach en utilisant le piano à queue moderne. En 2013 nous avons entendu, entre autres, l’Orchestre de Chambre de Bâle (avec Maria João Pires), l’Academy of St. Martin in the Fields (avec Murray Perahia), et l’Orchestre Symphonique de Lucerne (avec Hélène Grimaud). Maria João Pires est revenue au Festival en 2014, avec l’Orchestre de Chambre de Cologne (Kölner Kammerorchester). En 2016 nous avons accueilli le Chamber Orchestra of Europe sous la baguette de Sir András Schiff, ainsi que la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême avec Hélène Grimaud, et Khatia Buniatishvili accompagnée par la Kremerata Baltica.

Par sa nature même, le piano joue un rôle prépondérant depuis le milieu du XIXe siècle dans le domaine de la musique de chambre, aussi bien dans les duos piano/violon et piano/violoncelle (avec le piano consciemment indiqué en premier, ce qui est tout à fait naturel pour Mozart et Beethoven, entre autres) que dans les trios avec piano. Ainsi, par exemple, dans le cadre de notre série Mozart commencée en 2004, nous avons dédié plusieurs soirées aux sonates dites « de l’enfant prodige » (Wunderkind-Sonaten), présentées par le violoniste salzbourgeois Benjamin Schmid et par Ariane Haering, et confrontées avec des œuvres plus récentes pour piano et violon. En 2005 et en 2006 ce fut le tour du Festival de Musique de Chambre de Jérusalem et de sa fondatrice et directrice artistique Elena Bashkirova de nous rendre visite. En 2006, le jeune pianiste Severin von Eckardstein joua avec ses partenaires les arrangements des concertos pour piano de Mozart avec formation de musique de chambre écrits par Johann Nepomuk Hummel, et Gerhard Oppitz présenta avec Heinrich Schiff l’intégrale des sonates pour piano et violoncelle de Beethoven. En 2007 nous avons pu entendre le Trio Jean Paul, Anne-Sophie Mutter et Ayami Ikeba dans les sonates pour violon de Mozart, ainsi qu’Emanuel Ax et Frank Peter Zimmermann dans les sonates pour piano et violon de Beethoven. En outre, nous avons dédié une série exclusive au spécialiste du pianoforte Andreas Staier : trois concerts où il joua également avec Isabelle Faust et avec Christoph Prégardien. En 2008 le quatuor Alban Berg interpréta le quintette à cordes et le quintette avec piano La Truite de Schubert avec le concours d’Elisabeth Leonskaja, Heinrich Schiff et Alois Posch. Un autre programme dédié à Schubert fut exécuté par Elena Bashkirova en compagnie de Timothy Park et de Michael Barenboim. Avec son père et en compagnie d’autres solistes du West Eastern Divan Orchestra, ce dernier retourna au Festival en 2009 pour interpréter, entre autres, le concerto de chambre pour piano, violon et treize instruments à vent d’Alban Berg. Le premier trio de Mendelssohn fut donné par André Prévin avec Anne-Sophie Mutter et Lynn Harrell, tandis que le deuxième fut interprété par Jean-Yves Thibaudet, David Garrett et Gautier Capuçon. Le public du Festival put également apprécier la prestation de Pierre-Laurent et Valérie Aimard, avec des œuvres de Beethoven et de Mendelssohn pour piano et violoncelle. En 2010 nous avons poursuivi cette série en présentant une série de grandes rencontres de musiciens de chambre pour fêter l’anniversaire de Robert Schumann. La chaîne franco-allemande ARTE a enregistré une soirée fulminante avec des œuvres de Schumann interprétées par Martha Argerich avec Mischa Maisky, Renaud Capuçon, Gabriele Shek et Lyda Chen. Puis, Elena Bashkirova et la Quatuor Erlenbusch ont enthousiasmé le public dans le quatuor avec piano et dans le quintette avec piano de Schumann. La violoniste Anne-Sophie Mutter est également revenue au Festival pour donner un récital avec les trois sonates pour violon de Brahms, accompagnée par Lambert Orkis au piano. Christian Zacharias et les membres de l’ancien quatuor Alban Berg ont interprété en 2010 deux œuvres centrales du répertoire de chambre : le quintette « La Truite » de Schubert et le quatuor avec piano K.478 de Mozart. En 2011, pour fêter l’année Liszt, Andrea Lucchesini (piano) et Mario Brunello (violoncelle) nous ont joué des œuvres de chambre du compositeur qui sont rarement entendues ailleurs. Et le trio formé autour du pianiste Kit Armstrong a interprété la version pour trio avec piano de la « Vallée d’Oberman ». Finalement, en 2012, nous avons pu entendre Krystian Zimerman avec le Quatuor Hagen ; la violoniste Julia Fischer a fait ses débuts au Festival, accompagnée par la pianiste ukrainienne Milana Chernyavska. Les points culminants en musique de chambre en 2013 ont été : Frank Peter Zimmermann en duo avec Emanuel Ax, puis Elena Bashkirova avec ses partenaires chambristes Michael Barenboim, Tatjana Masurenko, Nicolas Altstaedt et Pascal Moragues.. Et nous avons également eu le grand plaisir d'entendre Gidon Kremer avec la pianiste Sa Chen et la violoncelliste Giedre Dirvanauskaite. En 2014 nous avons accueilli Anne-Sophie Mutter avec son partenaire de piano Lambert Orkis, puis Elena Bashkirova en duo avec Michael Barenboim, ainsi que Herbert Schuch en partenariat avec Mirijam Contzen, et Giovanni Guzzo avec Beate Altenburg. Finalement, en 2015, nous avons eu le plaisir d'entendre les musiciens Kit Armstrong, Andrej Bielow et Adrian Brendel avec le Trio en Si bémol majeur de Schubert, Maria João Pires et Antonio Meneses avec des oeuvres de Beethoven, ainsi que le duo piano/violoncelle formé par Martha Argerich et Mischa Maisky. En 2016, Elena Bashkirova, Michael Barenboim et Julian Steckel ont joué les trios avec piano de Brahms ; les sonates pour clarinette et piano ont été données par Andreas Staier et Lorenzo Coppola. En outre, nous avons eu le grand plaisir d’entendre les duos formés par Mona Asuka Ott et Serge Zimmermann (violon) ainsi que par Maria Joao Pires et Antonio Meneses (violoncelle).

Depuis ma prise en charge de la direction artistique du festival il y a quatorze ans, nous tâchons d’accorder un rôle important à la musique contemporaine. Depuis lors, le festival a dédié plusieurs fois une série spéciale à l’œuvre pour piano de compositeurs tels que Karlheinz Stockhausen (1996, 2008), Mauricio Kagel (1997), Conlon Nancarrow et Wolfgang Rihm (1998), Wilhelm Killmayer et Moritz Eggert (1999), Pierre Boulez (2000, 2005), Morton Feldman (2001, 2002) et Hans Werner Henze (2001, 2006), les compositeurs américains Earle Brown, John Cage, Philip Glass, Steve Reich et Terry Riley (2002), les avant-gardistes russes (2003) et les jeunes compositeurs autrichiens (2004). Une telle série a été dédiée, également, en 2005 au 100e anniversaire du compositeur Karl Amadeus Hartmann, présenté par le pianiste Siegfried Mauser. Déjà en 1998, la bouleversante Sonate « 27. April 1945 » de Hartmann nous avait incité à faire le montage de Fall, émouvante installation de l’artiste Günther Uecker, au Harenberg City-Center à Dortmund. Nous devons un total de dix premières représentations d’œuvres nouvelles (dont huit ont été commandées par le Festival de Piano de la Ruhr entre 1997 et 2005) aux compositeurs York Höller (1997, 2005), Wolfgang Rihm (1997), Marc-André Hamelin (1998), Michael Harrison (2001), Wilhelm Killmayer (2002), Beat Furrer et Olga Neuwirth (2004), ainsi que Johannes Maria Staud et Marco Stroppa (2005). En 2006 nous y avons ajouté sept autres créations, dont six avaient été commandées par le Festival lui-même. Nous voudrions mettre ici en exergue des œuvres telles que « Geharnischt », une pièce de Steffen Schleiermacher pour deux pianos mécaniques, ainsi que le concerto pour piano de Thomas Larcher, auquel nous avons demandé de montrer les possibilités d’un concerto contemporain écrit avec la même disposition orchestrale qu'utilisait Mozart ; finalement, un « Lied » composé par Sir Harrison Birtwistle pour piano et violoncelle (un cadeau spécial d’anniversaire pour Alfred Brendel). A tout ceci s’ajoutent encore treize œuvres qui furent données en première audition allemande ou européenne de 1996 à 2006. En 2007, dix nouvelles œuvres ont vu le jour pour la première fois lors du Festival de Piano de la Ruhr, dont six commandes, qui inclurent « Le blanc se sépare du noir – six versions pour piano » de Jan Müller-Wieland et « Parergon – sept ébauches pour ‘Hölderlin’ » de Peter Ruzicka. S’y ajoutèrent cinq premières auditions allemandes, avec par ex. des œuvres de George Benjamin et de Kaija Saariaho. Lors de notre 20e anniversaire en 2008, nous avons entendu les commandes faites par le Festival auprès des compositeurs Philip Glass et Vassos Nicolaou. Le nouveau concerto pour piano, percussion et orchestre de Tan Dun fut dirigé par le compositeur et interprété au piano par Lang Lang en première audition européenne, tandis que le concerto pour zengh et orchestre à cordes de Tan Dun vit sa première audition allemande. Les « Pièces pour enfants » de Vassos Nicolaou et le « Bouquet de chansons populaires » de Rudi Spring vinrent s’y ajouter en 2009. Puis, l’un des points culminants du Festival en 2010 a certainement été la première audition mondiale des seize pièces commandées pour la publication « Piano Book », ainsi que la première audition des « 5 Scènes » de Peter Ruzicka. En 2011, les compositeurs Vassos Nicolauo et Olav Lervik ont écrit des oeuvres commandées pour fêter l’anniversaire de György Kurtág ; nous avons également été les témoins de la création mondiale de la seule sonate pour piano écrite par Dieter Schnebel, sa « Sonate en si mineur ». Pour fêter le 80ème anniversaire d’Alfred Brendel, le Festival fit la commande d’une composition pour trio avec piano à Kit Armstrong. En 2012, nous avons été témoins de la création mondiale de Doppelspiel, recueil pianistique du compositeur York Höller, menant ainsi le nombre de créations tout au long de l’histoire du Festival à un total de 93 œuvres. En 2013 nous avons entendu six nouvelles créations : Tamara Stefanovich a présenté des œuvres nouvelles de Vassos Nicolaou et de Franck Amsallem, et Sophie Mayuko-Vetter a créé les « pensées tardives » de Peter Ruzicka basées sur le morceau Unstern de Franz Liszt. La création mondiale de Two Movements for Four Pianos de Philip Glass a été dans les mains des deux duos Katia & Marielle Labèque et Maki Namekawa & Dennis Russel Davies. Le lauréat du Prix du Festival de Piano 2013, Marc-André Hamelin, a présenté une nouvelle Barcarolle de sa propre plume. Et Severin von Eckardstein a joué la composition Grabmal Kundry qu’il avait commandée lui-même auprès du compositeur Sidney Corbett. En 2014 nous avons été témoins de la création allemande de la 2ème Sonate pour Violon et Piano d’André Previn (commandée par Anne-Sophie Mutter et par le Festival de Piano de la Ruhr), avec Anne-Sophie Mutter au violon et Lambert Orkis au piano.

C’est la contemporanéité qui est également mise en œuvre dans notre série JazzLine, qui existe également depuis 1996. Nous retrouvons dans cette série les tendances d’avant-garde de la musique improvisée en Europe ainsi que les développements actuels du jazz américain traditionnel et contemporain. L’alphabet international de plus de 60 pianistes de jazz qui, au fil des années, ont fait suite à notre invitation s’étend de Monty Alexander (2008) et Götz Alsmann (2005) à Dave Brubeck (1998), d’Uri Caine (2001) à Michel Camilo (2000, 2003, 2005 – puis, en 2007, avec sa propre série de quatre concerts, dont un avec le légendaire guitariste Tomatito et un autre en trio – et, enfin, également en 2009), Frank Chastenier (2007, 2008) et continuant avec Chick Corea (1997, 2001, 2005 – en compagnie de Bobby McFerrin! –, en 2006 avec son nouveau concerto « Les Continents », en 2007 avec le vibraphoniste Gary Burton, en 2008 avec Al Di Meola et d’autres, de nouveau en solo en 2009, avec Roy Haynes et la Freedom Band en 2010, et avec la légendaire formation reconstituée « Return to Forever » en 2011), Wolfgang Dauner (2000), Herbie Hancock (1998, 2003 et avec Lang Lang en 2009), Ruben Gonzalez (1999), Paul Kuhn (2005), Keith Jarrett avec son trio (2007), Paul Kuhn (en 2005, puis lors de son 80e anniversaire en 2008 avec Anke Helfrich, Hubert Nuss et Martin Sasse), Jacques Loussier (2004, 2011), Hubert Nuss (2005, 2006), Oscar Peterson (1997), l’inoubliable feu Michel Petrucciani (1997), André Previn (2004), Gonzalo Rubalcaba (2002, 2006), Helge Schneider (1998 – certains sont surpris, d’ailleurs, de constater que cette vedette de la scène comique allemande est aussi un jazzman très créatif !), Gwilym Simcock (2007, puis en 2011 avec le BuJazz Orchestra dirigé par Jiggs Whigham) et Chucho Valdés (2006) jusqu’à Cecil Taylor, cette légende du free jazz (2004) ; notre alphabet conclut avec Aziza Mustafa Zadeh (2000, 2003) et le génial Joe Zawinul (1996, 2006). Le concert d’ouverture du Festival 2009 a été donné par Gerald Clayton et le Big Band de la SWR : pour nous, c’était l’occasion de dédier pour la première fois un concert du Festival au grand art du « piano soul » avec les solistes Frank McComb et Kevin Hays, accompagnés de plusieurs grands jazzmen. De même, nous avons introduit un nouveau « format jazz » avec les concerts de clôture où figurait le trompettiste Til Brönner avec ses « Pianofriends » Larry Goldings, Don Grusin et Michael Wollny. Ce grand succès nous avait amené à inviter de nouveau Til Brönner pour fêter notre 20e anniversaire en 2008, avec, cette fois-là, trois autres « Pianofriends » : Dado Moroni, Leszek Mozder et Olaf Polziehn. En 2010, Brönner a clôturé le Festival avec un récital en forme de véritable marathon jazz, en compagnie de Larry Golding, Mulgrew Miller et Frank Chastenier. En 2011, nous avons eu la joie d’accueillir pour la première fois la chanteuse Patti Austin avec le pianiste Olaf Polziehn, ainsi que les New York Voices avec le pianiste Claus-Dieter Bandorf. Dans notre nouveau format de concert intitulé « Jazz-Lounge », nous avons également accueilli le pianiste Michael Sasse avec ses partenaires en trio, John Goldsby et Mario Gonzi. En outre, le Dieter Ilg Trio a donné une prestation dans la série « JazzLine ». Dans notre édition 2012 nous avons accueilli Raphael Gualazzi avec le Big-Band de la WDR Cologne, ainsi que les trios jazz autour de Ramon Valle, de Jacky Terrasson et de Gonzalo Rubalcaba. Chick Corea s’est présenté en duo avec Bobby McFerrin. Pour clore cette édition 2012 du Festival, nous avons invité pour la quatrième fois le trompettiste Till Brönner avec son spectacle intitulé « My Piano Friends », comme toujours avec deux de ses pianistes préférés : cette fois-ci c’étaient Vladislav Sendecke et Jacky Terrasson. En 2013, Gerald Clayton est revenu au festival avec le Big Band de la WDR sous la direction de son père John Clayton. Au cours de cette même édition 2013. Nous avons également le plaisir d’entendre Till Brönner avec son quintette actuel, le merveilleux Michel Camilo enfin de nouveau en solo, et Chick Corea avec son sa formation actuelle nommée « The Vigil ». La série «JazzLine » de l'édition 2014 s'est avérée plus variée que jamais avec un total de huit prestations, dont celle de Chilly Gonzales (musicien polyvalent qui tient le record mondial Guinness pour la plus longue prestation continue au piano) ; ainsi qu’un concert solo de Chick Corea et une soirée avec Chucho Valdés & The Afro-Cuban Messengers. Un autre grand pianiste de jazz est revenu au Festival en 2014 : Jacky Terrasson, accompagné par le Big Band du WDR de Cologne. Trois trios de jazz formés autour de Monty Alexander, de Stefano Bollani et de Pablo Held ont également fait les délices du public, et le concert de clôture a été de nouveau placé dans les mains de Till Brönner & His Piano Friends. Notre rubrique « JazzLine » proposa un total de sept concerts en 2015 : Florian Weber et l’Orchestre National de Jazz (BuJazzO), le quatuor « Echoes of Swing », le trio d’Eric Legnini, le baryton Thomas Quasthoff avec le trio de Frank Chastenier, le « supertrio » Rantala-Danielsson-Erskine, le Big Band du WDR avec Michel Camilo, et puis, dans une soirée exceptionnelle qui aura lieu après la clôture officielle du Festival, la seule prestation allemande du duo Chick Corea-Herbie Hancock. Puis, en 2016, nous avons eu le plaisir d’entendre les prestations du « Trio Latino » de Michel Camilo, Monty Alexander avec le Harlem-Kingston Express, les trios de Gerald Clayton et de Jacky Terrasson, puis Danilo Pérez en compagnie du WDR Big Band, Hiromi et ses partenaires en trio, et, pour clore le Festival, Till Brönner et ses « Piano Friends », Enrico Pieranunzi et Martin Tingvall. Une prestation supplémentaire de Hilario Durán avec le Big Band du WDR a eu lieu dans le cadre de la Conférence Nationale des Juristes Allemands.

La curiosité de notre auditoire, que nous nourrissons et qui s’élargit en conséquence, nous permet depuis quelque temps de concentrer nos efforts sur certains thèmes annuels qui déterminent l’orientation de tout un festival ou, du moins, de certains secteurs essentiels. Ce fut le cas, par exemple, en ce qui concerne l’année commémorative de Johannes Brahms, Franz Schubert et Félix Mendelssohn (1997) ou, en 1998, l’année Reger. Après avoir continué à proposer des thèmes géographiques (les États-Unis en 2002, la Russie en 2003, et l’Autriche pour fêter le début de notre cycle de trois années dédiées à Mozart à partir de 2004), nous avons dédié le festival de l’année 2005 au sujet très pianistique et probablement inépuisable des « Transcriptions et Paraphrases », suivi en 2006 par le thème non moins pianistique des « Variations ». En 2007 le thème annuel a été dédié à l’œuvre de Ludwig van Beethoven – le vrai « héritier » de Mozart. En 2008 nous avons célébré notre 20e anniversaire avec quatre thèmes principaux : les anniversaires (les 100èmes d’Elliott Carter et d’Olivier Messiaen, les 80èmes de Leon Fleisher et de Paul Kuhn, le 50e de Tan Dun et l’hommage ‘In memoriam’ lors du 80e anniversaire de feu Karlheinz Stockhausen), les rencontres pour la célébration d’anniversaire du Festival de Piano de la Ruhr, les « Parallèles Schubert » ainsi que la musique chinoise pour piano, tant ancienne que nouvelle. En 2009 le Festival honora les divers anniversaires de compositeurs, surtout avec Haendel (donnant lieu, pour la première fois, à ces récitals de clavecin), Haydn et Mendelssohn. Puis, en 2010, nous avons naturellement enchaîné avec les commémorations de Robert Schumann et de Frédéric Chopin. En même temps, pour célébrer cette année-là la sélection de notre méga-métropole régionale comme Capitale Européenne de la Culture, nous avons fêté l’héritage du grand Européen que fut Johann Sébastien Bach. L’année 2011 nous a naturellement fourni l’occasion de présenter maintes œuvres du « titan du clavier », Franz Liszt. Nos deux points focaux de la saison 2012 – la France et les États-Unis – correspondaient avec les anniversaires de cinq compositeurs parmi ceux qui ont exercé une importante influence sur l’histoire de la musique au cours du XXème siècle : Claude Debussy (150ème anniversaire), Maurice Ravel et George Gershwin (décédés l’un et l’autre 75 ans auparavant), John Cage (100ème anniversaire de sa naissance) et Philip Glass (qui, en 2012, fêtait son 75ème anniversaire). Afin de fêter les 200èmes anniversaires de Wagner et de Verdi, nous avons choisi, avec un clignement d’œil, une devise spéciale pour 2013 : « Let’s go to the opera ! ». Car aucun de ces deux compositeurs n’a beaucoup écrit pour le piano. Par contre, nous avons suivi suivre la trace de leur énorme influence sur l’univers des transcriptions et paraphrases pour piano, dans les XIXème et XXème siècles. D'autres accents de programmation ont été en 2013 Benjamin Britten (lors du 100ème anniversaire de sa naissance), Francis Poulenc (50ème anniversaire de sa mort), et le grand Leon Fleisher, qui fêtait son 85ème anniversaire ! En 2014 le Festival a conçu cinq séries de points focaux, commençant par le 150ème anniversaire de Richard Strauss. Notre « sommet Beethoven » nus a fourni la rare occasion d’entendre les trois dernières sonates de celui-ci, toutes interprétées dans trois versions différentes  : par Krystian Zimerman, par András Schiff et par Igor Levit. Cette  même année, le Festival a également exploré le répertoire pour la main gauche (qui s'élargit à partir de la fin de la Première Guerre Mondiale avec les commandes du pianiste blessé Paul Wittgenstein). L’univers des études pour piano a été un autre point focal pendant le Festival 2014. Finalement, en 2015, nous avons accordé une place spéciale à la musique pour piano d’Alexandre Scriabine, ainsi qu’au « ton nordique » avec les compositeurs scandinaves Jean Sibelius et Edvard Grieg. En 2016 nous avons rendu hommage non seulement à la musique de Johannes Brahms, mais également á celle de Max Reger (lors du 100ème anniversaire de sa mort) et á Ferruccio Busoni (lors du 150ème anniversaire de sa naissance).

Faisant partie de thèmes généraux comme ceux-ci, nous avons souvent l’occasion d’organiser, en outre, des cycles entiers. Ce fut le cas lorsque nous avons invité tous les lauréats du Concours Chopin (Varsovie) à jouer au Festival, ou bien lors de l’année Schubert-Brahms en 1997, au cours de laquelle nous avons montré les relations à travers le temps ainsi que les affinités artistiques entre ces deux compositeurs. En 2006, nous avons commémoré le 150e anniversaire de la mort de Schumann avec une série thématique dédiée à son œuvre. De tels cycles nous mènent, assez souvent, à faire entendre des intégrales, telle celle de Chopin organisée en collaboration avec Joachim Kaiser pendant les premières années du Festival ; de même, en 2003, l’année « russe », avec l’exécution de l’intégrale pour piano solo de Sergueï Rachmaninov et de Sergueï Prokofiev. Puis en 2005 fut présentée l’intégrale d’Alexandre Scriabine pour piano solo. En plus, en 1999 et en 2000, ce furent des cycles de films avec des documentations historiques du siècle qui venait de s’achever et qui ont provoqué un vif intérêt de la part de nos visiteurs. Un intérêt semblable se porta sur les concerts avec piano mécanique, présentés sur plusieurs années – une série que nous devons à l’enthousiasme et à l’énorme expérience de Jürgen Hocker. Depuis treize ans, je partage également avec un public très attentif ma prédilection particulière pour le lied avec piano, que nous présentons dans un cycle annuel au Château Herten. En collaboration avec Graham Johnson, nous avons pu organiser un cycle de week-ends dédiés au lied, avec les sujets spécifiques de Heinrich Heine (1997, 2006), puis, lors de l’année Shakespeare, le thème « Poètes anglais dans le lied allemand » (1998), et encore Johann Wolfgang von Goethe (1999), « L’année 2000 : regard en arrière sur deux cents ans de création de lieder »  (2000), « Une odyssée de lieder à travers les saisons » (2001), « Le ‘Johnson’ : l’encyclopédie vivante de Graham Johnson sur la relation entre musique vocale et poésie » (2002) et aussi « Hugo Wolf et les femmes » (2003). En 2007 eut lieu le cycle annuel dédié aux lieder de Ludwig van Beethoven et de ses successeurs viennois, ainsi qu’aux élèves d’Irwin Gage (celui-ci donna son « récital d’adieu » au château de Herten dans le cadre du Festival). En 2008 nous avons dédié ce cycle aux lieder de Schubert, en 2009 à ceux de Mendelssohn. et en 2010 à ceux de Schumann et Chopin. Rarement interprétées, les mélodies de Franz Liszt ont été à l’affiche en 2011. Graham Johnson est revenu au Festival en 2012 afin de proposer à notre public cinquante lieder de Schubert sur des textes de vingt-cinq poètes différents au cours de deux soirées. Puis, en 2013, il nous a présenté un répertoire moins connu : les mélodies de Benjamin Britten et de Francis Poulenc. Enfin, pour fêter le 150ème anniversaire de la naissance de Richard Strauss en 2014, nous avons programmé deux soirées de lieder de ce compositeur dans l’interprétation de chanteurs de grande renommée comme Felicity Lott. Le « ton nordique » du Festival en 2015 a été à l’honneur avec la soprano suédoise Miah Persson qui, accompagnée par Graham Johnson, a donné un programme de mélodies scandinaves. En 2016 nous avons mis en exergue les lieder de Johannes Brahms.

En octobre 2006 le Festival de Piano de la Ruhr accomplit une tournée à Hambourg, Varsovie, Prague, Cassovie et Budapest. Le programme consistait en trois concertos pour piano de Mozart dans les arrangements faits par Johann Nepomuk Hummel pour piano, flûte, violon et violoncelle, avec les interprètes Severin von Eckardstein, Andrea Lieberknecht, Andrej Bielow et Nicolas Altstaedt. En outre, dans chaque pays, le sponsor RWE invita des jeunes pianistes locaux à se produire en soliste.

Il n’a été possible de réaliser ce nombre constant de dix-sept séries thématiques présentées chaque année et tout au long du Festival de Piano de la Ruhr que grâce au fait que j’eus la chance, pendant mes dix-sept années de travail pour la région de la Ruhr, de pouvoir compter sur la constance de trois facteurs humains essentiels. D’une part, la fidélité (et même souvent l’affection amicale) de nos musiciens. Puis, l’intérêt croissant d’un auditoire qui s’élargit géographiquement au cours des années. Et enfin, le soutien toujours fidèle des membres du Cercle d’initiatives Ruhr. L’harmonie réjouissante produite par cette triade de facteurs humains, combinée avec la capacité et l’assiduité de notre équipe de travail, ont permis un rythme de développement qui étonne, également, du point de vue des chiffres. En 2016, nous serons présents dans 23 communes de la Ruhr et de la Rhénanie, sur 30 scènes et avec un nombre total de 69 concerts, dont plusieurs sont retransmis chaque année par les radios WDR (Westdeutscher Rundfunk), DLF (Deutschlandfunk), Deutschlandradio Kultur et Deutsche Welle. Cinq DVD’s où figurent des prestations du Festival de Piano de la Ruhr sont actuellement disponibles : les concertos pour piano de Ludwig van Beethoven dans l’interprétation de Daniel Barenboim avec la Staatskapelle Berlin (deux DVD’s publiés en novembre 2007) ; puis, des portraits des pianistes Boris Berezovsky, Roland Pöntinen et Marc-André Hamelin. L’enregistrement des deux concertos de Chopin joués par Daniel Barenboim avec la Staatskapelle Berlin dirigée par Andris Nelsons est sorti en 2011 en DVD. En automne 2012 sont parus en CD et en DVD les deux concertos de Liszt joués par Daniel Barenboim avec Pierre Boulez et la Staatskapelle Berlin. En outre, quatre éditions annuelles du magazine PianoFestival (hors-série du magazine FonoForum), exclusivement dédiées au Festival de Piano de la Ruhr, ont été publiées jusqu’à présent.

Depuis 2005, le Festival de Piano de la Ruhr a choisi de tracer de nouveaux chemins en ce qui concerne la documentation des prestations artistiques, acquérant ainsi un niveau tout-à-fait exceptionnel avec la série de compact-discs Edition Klavier-Festival Ruhr. Non seulement le nombre d’enregistrements publiés a augmenté nettement de festival en festival, mais ces CD’s sont désormais disponibles dans les magasins de musique classique et sur Internet. Le but de notre initiative consiste, d’une part, à soutenir de manière durable la carrière de jeunes pianistes (en collaboration avec le magazine FonoForum) ; d’autre part, nous voulons fournir à tous les amis de la musique pianistique dans le monde entier l’occasion d’entendre des œuvres rares, difficiles à trouver ailleurs. Cette édition de compact-discs est rendue possible par l’engagement et par le partenariat entre quatre entités différentes : le label Avi-music, la radio allemande WDR, le magazine FonoForum et, enfin et surtout, la NATIONAL-BANK qui apporte son important soutien financier. L’Édition Klavier-Festival Ruhr atteignit son premier point culminant en été 2008 – lors du 20e anniversaire du Cercle d’Initiatives et du Festival de Piano de la Ruhr – avec la parution du 50e CD, évènement également fêté avec une édition intégrale de cette série en 12 coffrets. En mai 2014, l’Edition Klavier-Festival Ruhr a fêté la publication de son 100ème CD, et le 106ème vient de sortir!

Tout en retenant son rang de projet culturel phare du Cercle d’Initiatives Ruhr, le Festival de Piano de la Ruhr est géré depuis le 1er janvier 2011 par une Fondation dont la base financière a été assurée par la NATIONAL-BANK AG. Un cercle international de donateurs-fondateurs a lancé la première année de cette Fondation (2011) avec une campagne de levée de fonds au succès phénoménal. Pour fêter les 25 ans du Festival en 2013, ces «noces d'argent » ont été accompagnées d’une nouvelle campagne de levée de fonds, la Campagne « Silver Circle » sous le marrainage de Traudl Herrhausen, campagne que nous prolongeons en 2015 et 2016.

Au-delà de ces dons et ces contributions financières, il est évident que le mécénat (sponsoring) continue à figurer parmi les ressources de financement les plus importantes pour assurer le déroulement de nos activités culturelles et pédagogiques. À part le soutien de notre sponsor global, le Cercle d’Initiatives Ruhr, et le nouveau soutien annuel de notre sponsor principal en 2016, duisport, l’éclat du Festival a été assuré en 2016 par un total de 61 autres sponsors et donateur, avec la collaboration supplémentaire de cinq fondations partenaires. Enfin et surtout, n’oublions pas que notre public de mélomanes est toujours le facteur plus important de notre succès ! Au cours des vingt éditions du Festival sous ma responsabilité artistique, nous avons atteint un public d'environ 880.000 mélomanes – dont plus de 642.000 de 2005 à 2016. Le nombre annuel de visiteurs au Festival a doublé au cours d’une décennie ! Et le mécénat de la part des entreprises (dont la plupart sont membres du Cercle d'Initiatives Ruhr) assure le financement 100% privé de notre Festival, tout assurant que celui-ci dispose de revenus stables pour assurer la continuité de ses activités. De tout mon cœur, un grand merci aux entreprises membres du Cercle d’Initiatives Ruhr et à tous nos sponsors.

« Le futur de la Ruhr – ensemble avec succès ! » Ces mots, prononcés par les fondateurs du Cercle d’Initiatives Ruhr il y a déjà presque un quart de siècle, n’ont cessé à aucun moment d’être matérialisés par le Festival de Piano de la Ruhr. Le Festival de Piano de la Ruhr s’est promis de prendre ces mots des fondateurs du Cercle d’initiatives Ruhr au pied de la lettre. Nous continuerons à mettre en œuvre toutes nos idées créatives pour rester toujours fidèles à ces maximes si fécondes et si productives.

Essen, en juillet 2016
Prof. Franz Xaver Ohnesorg

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© 2019 Stiftung Klavier-Festival Ruhr  |  Alfred Herrhausen Haus  |  Brunnenstraße 8  |  45128 Essen

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